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...sur Lipatti

Biographie


Henri Gagnebin, Directeur du Conservatoire de Musique de Genève
À l'époque où Dinu Lipatti dispensait des cours à l'institution suisse d'enseignement :
« De 1935 à 1950 Dinu Lipatti a été une apparition lumineuse au monde de la musique. Admirable interprète, compositeur de très haute perspective, d'une pureté angélique, il semblait destiné à dominer l'art de notre époque. Sa vie terrestre a été courte. Ravi par la mort à l'âge de 33 ans, il aurait pu passer comme une météorite dans le ciel, sans laisser de trace. Le miracle est que 20 après il restera vivant, par ses œuvres et ses disques, comme par les mémoires évoquées par sa mère et son épouse. »

Le violoniste Yehudi Menuhin, Londres, 1987
Dans la préface du volume « Lipatti » de Grigore Bargauanu et Dragos Tanasescu, l'édition anglaise parue chez Kahn and Averill, London Pro / Am Music Resources Inc., White Planes à NY, USA, 1988 :
« Si la musique renforce vraiment les liens humains, c'est aussi vrai que Lipatti a été comme un frère pour moi – Geroge Enescu a été notre parrain spirituel et musical à tous les deux. »

La pianiste Madeleine Lipatti, épouse de l'artiste :
Sur le premier récital publique de Dinu Lipatti, qui a eu lieu au mois de mai de l'année 1922, à l'Athénée roumain. La pianiste avait à l'époque 5 ans et se trouvait dans la salle :
« Un petit garçon de cinq ans, habillé en velours noir était assis devant le piano. À côté de lui, le père, penché sur lui semblait l'encourager à jouer. Ensuite nous avons écouté une série de pièces pour piano inventées par lui qui ont enchanté le public. En guise de cachet, on lui a offert un petit fox-terrier. Il est parti en le serrant contre lui. »

Le compositeur Mihail Jora
Sur le premier moment où il a connu Dinu Lipatti :
« Un jour morne d'automne, un petit enfant tout frêle m'était amené par son père qui me demandait d'être le professeur de son enfant. Quand je lui ai demandé ce que l'enfant savait il m'a répondu Rien. Il ne connaît même pas les noms des notes, mais il joue du piano aidé par son ouïe et compose. J'en avais vu comme ça, dans mon bureau, donc je ne me faisais aucune illusion. Ennuyé, j'ai demandé à l'enfant de s'asseoir au piano. Mais cette fois-ci le dupe c'était moi. Le petit Lipatti, comme on l'a nommé pendant des années après, avait une intuition et un don complètement inhabituels. »

La pianiste Cella Delavrancea
Sur le moment où elle a entendu pour la première fois Dinu Lipatti, moment évoqué dans le livre « D'un siècle de vie » :
« Je me remémore l'étonnement enchanté dont j'ai été saisie en écoutant Dinu Lipatti à l'Athénée Roumain. Il était alors un adolescent de 15 ans et interprétait le Concerto en Mi bémol majeur de Liszt. J'ai découvert sa vraie valeur. De la brillance du Carnaval, tel qu'on a l'habitude de le jouer, il avait tissé l'enthousiasme d'une âme avec la vision de la Nature en fleur et le morceau a acquis une incroyable grandeur. Dès lors la nature de son talent s'affirmait. Concentré, pesant l'importance des modulations, il avait le sens du tempo, il polissait minutieusement les facettes d'une phrase musicale jusqu'à ce qu'il perfectionnait sa voix. Le destin, parfois pressé d'allumer la flamme d'un génie, a éclairé une intelligence prématurée et le jeune musicien a atteint la maturité à l'âge où la jeunesse exubérante cherche des succès et des joies superficiels. »