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Dinu Lipatti – Le critique musical *

Dinu Lipatti (1917-1950) a été un compositeur, interprète et pédagogue génial, au tempérament éblouissant d'un "poète du piano", selon le chef d'orchestre Ernest Ansermet, mais aussi d'un "poète des mots", dirions-nous. C'est une facette de critique musical, moins connue, de Lipatti qui a été révélée au public.

„... c'est l'âme de M. Lipatti qui guidait ses doigts...”
Virgil Gheorghiu

Lipatti autrement / Le critique musical / Commentaires




Il existe des gens qui meurent avant de naître, il en existe d'autres qui naissent et ne meurent jamais[i]. Et puis, il y en a, bien sûr, ceux qui lapident "les immortels" pour leur ériger, ensuite, des monuments commémoratifs. Ces derniers, les amateurs les appellent "des critiques"; mais les vrais critiques combattront sous la bannière de la vérité, devenant eux-mêmes monumentaux[ii]. Pour ceux qui finissent par le comprendre - "l'art est quelque chose de grave"[iii]. A quoi Dinu LIpatti faisait-il allusion, en affirmant la gravité de l'art: à la société ou à la communauté, à l'autorité ou au pouvoir, au statut ou à la classe sociale, au sacré ou au profane, à l'aliénation ou au progrès?[iv] Le mot latin gravis désignait quelque chose de lourdaud, de pesant, d'accablant, de fâcheux, d'oppressif, mais aussi quelque chose de très important[v]

Il y a des êtres humains qui naissent sur le porche de l'art et ne meurent jamais. Pour eux, la musique est quelque chose de grave, de très grave : elle s'élève[vi] de l'intérieur d'une ville[vii], des méandres d'une rivière[viii], et, tel un oiseau de feu, habitue l'être humain à la substance même du vol[ix]. Lipatti a été un tel homme.

Son activité de compositeur, d'interprète et de pédagogue a validé son génie aux yeux de la postérité; mais il a aussi évolué dans un autre domaine - moins connu - celui de la critique musicale[x]. En tant que membre de l'Association internationale des critiques musicaux, il a analysé la vie musicale parisienne pour le public roumain, pendant deux années - 1938 et 1939 -, dans la série de chroniques "La vie musicale de Paris - chronique musicale", qu'il a signées dans le journal Libertatea[xi].

Si quelqu'un de sceptique fronce les sourcils et se dit que c'est une période trop insignifiante pour qu'un jeune homme de 21 ans gagne de l'expérience dans un domaine aussi controversé que celui de la critique musicale, nous lui dirons qu'Adorno, qui a vécu deux fois plus que Lipatti, avait seulement 25 ans quand il s’était mis à écrire des articles de critique musicale pour le journal viennois Anbruch, et qu'il l'avait fait pendant seulement quatre ans (1928-1931)[xii].

Nous analyserons six caractéristiques qui apparaissent dans les articles de critique musicale signés par Dinu Lipatti, engagé dans un effort soutenu pour former le goût du public à l'aide de sa plume.

1. La méticulosité

Selon Tudor Vianu, un critique doit "avoir un esprit vaste et soucieux des détails"[xiii]afin de saisir des aspects liés à la forme et au contenu. Theodor Bălan a remarqué l'exigence et la méticulosité quotidienne de son collègue de faculté Dinu[xiv]:

"Une caractéristique de ses années d'enfance a été un inhabituel      penchant pour l'ordre, poussé jusqu'à la méticulosité. [...] Plus tard, pendant ses années de jeunesse et à l'âge adulte, son désir d'ordre touchait parfois à la pédanterie"[xv].

Un exemple, pris dans la chronique du 20 mai 1939, nous dévoile l'attention et la minutie que Lipatti attachait à l'étude de l'acte de l'interprétation:

"Lors de son dernier récital, Kreisler nous a enchanté plutôt avec ses pièces brèves, qui font de l'effet et dont il reste un maître incontestable. Quelques affolements du "tempo" ont diminué l'effet majestueux de la Chaconne de Bach, et nous aurions aimé une approche plus spirituelle du Concerto en sol majeur de Mozart. Par contre, le reste du programme a été magnifique, surtout la musique espagnole que Kreisler a interprétée avec une verve et une imagination rares."[xvi]

2. L'élégance du style

Le style proche de l'aphorisme, la phrase ciselée, concise et d’une grande beauté, où "le mot de feu et le mot façonné"[xvii] fusionnent dans "une complète possibilité future de la perfection"[xviii], font de Lipatti un elegans formarum spectator – "un spectateur raffiné de la beauté"[xix]. Une devise artistique extrêmement suggestive, acquise, en même temps que la maîtrise pianistique, auprès de celle qui a été sa professeur et qui l'a guidé avec une "affectueuse tyrannie"[xx], Florica Musicescu, nous montre l'artiste en tant que chercheur d'une "tendre lumière[xxi]: "«cherche la lumière toujours plus haut chez les autres et toujours au plus profond de toi-même.»"[xxii] Ses phrases, dépourvues d'emphase, sont gracieuses, naturelles, empreintes tantôt d’oralité tantôt de poésie[xxiii]:

"Avec la sobriété d'un artiste sûr de ses moyens d'expression, Münch réussit à obtenir un maximum d'expression avec un minimum de gestes."[xxiv]

"Toute ma reconnaissance à ces musiciens honnêtes qui pourraient être considérés comme le prototype du véritable interprète: celui qui ne sacrifie jamais la réflexion musicale au profit de la technique instrumentale."[xxv]

"Hallucination de Schumann a été un véritable battement d'ailes."[xxvi]

3. La neutralité

Au 19e siècle, Nicolae Filimon a tracé une fine ligne de démarcation entre la subjectivité et l'objectivité d’un critique musical, qui est en mesure d'offrir un jugement de valeur véridique au public :

„Nous ferons, avec impartialité et sans passion, la critique de l'interprétation de chaque artiste, de la beauté et de la laideur, du bien et du mal...”[xxvii]

Cet acte est un exercice bénéfique pour l'art et s'appelle neutralité. Le 20 mai 1938, Lipatti a écrit quelques idées inspirées par le concert des deux Menuhin:

„Je ne pensais pas que Hephzibah Menuhin, sa sœur [de Yehudi], fût une pianiste aussi accomplie. Lors du concert qu'ils ont donné ensemble, j’ai eu du mal à décider ce que je devais admirer le plus. Ils ont joué, avec une pureté stylistique remarquable, la Sonate en fa majeur de Mozart, la Sonate en do mineur de Beethoven et celle de Lekeu, que je trouve mauvaise, malgré toute ma bonne volonté. Pourtant, les deux Menuhin l'ont admirablement jouée.”[xxviii]

Si le critique avait soutenu la place essentielle occupée par le grand Sir Yehudi, se lassant aveugler par la réputation mondiale de celui-ci, sa critique aurait été subjective. Cette impartialité lui confère le titre de critique musical. 

4. Le talent

Un vieux dicton allemand dit que : Talente werden nicht gefunden sondern erschaffen, „les talents nu se découvrent pas ; ils sont créés”[xxix]. Un critique musical doit avoir du talent littéraire et musical, en égale mesure. Carmen Păsculescu-Florian affirme que „la plume de Lipatti avait de la personnalité, son analyse était objective, compétente, ce qui confère à ses chroniques une valeur documentaire à significations multiples.”[xxx] En même temps, il ne transforme pas son talent en norme, affirmant qu'„en matière d'art, on n'impose pas, on propose.”[xxxi] La façon dont il choisit ses mots est absolument fascinante :

 „Une autre soirée musicale qui m'a énormément impressionné a été celle du concert donné par le Quatuor de Budapest. [...] Il m'est impossible de décrire les instants admirables que ce concert m'a offerts ! La précision de l'attaque était à ce point parfaite que les quatre artistes devenaient un seul interprète. Outre leur perfection technique, j'ai admiré le respect de ces quatre musiciens accomplis pour les pièces interprétées. [...] L'introduction à la première partie de ce pièce est tout simplement éblouissante.”[xxxii]

5. L'(h)onnêteté

Dans la conférence L'honnêteté en tant qu'art, donnée à l'Athénée roumain le 7 mars 1893, Alexandru Vlahuță affirmait :

„Les artistes sont des cultivateurs d'idées ! La vie sème constamment du blé et de la nielle, des fleurs parfumées et des mauvaises herbes vénéneuses. L'artiste choisit, fertilise le sol, cultive, désherbe – surtout désherbe. C'est ce qui constitue l'honnêteté de la récolte artistique.”[xxxiii]

Dinu Lipatti écrivait avec franchise, mais sans malice. Le 18 juillet 1938, par exemple, les compositions stravinskiennes lui inspiraient les affirmations suivantes:

„J'ai écouté, ces derniers temps, le nouveau Concerto pour 15 instruments de Stravinski. La première fois, je n'étais pas enthousiasmé. Ensuite, j'ai commencé à m'y approcher et à le comprendre, bien que, pour moi, il ne se hisse pas à la perfection de ses ouvrages passés (Le Sacre, Noces, Perséphone). Pour ce qui est de la thématique, Stravinski n'a jamais été un inspiré, mais il réussit à créer un mouvement irrésistible dans tout ce qu'il fait.”[xxxiv]

Quant il compare le public viennois à celui de Berlin, il mentionne :

„Le public [de Vienne, n.n.] ne voulait pas quitter la salle. Mais le niveau de ce concert [de Berlin n.n.] a été beaucoup plus élevé. Dans la salle majestueuse, aucune des 1500 places n’était libre, ces gens sévères, habillés en noir, qui souriaient sans bouger les sourcils, je les ai aimés plus que les Viennois qui, emportés par leur enthousiasme, finissent, j'en suis sûr, par porter sur les bras l'artiste qui leur plaît et qui sait choisir son répertoire. J'ai été plus content de réchauffer les glaciers.”[xxxv]

6. La responsabilité envers l'art

Le critique a, en même temps, une responsabilité envers l'art. Le discours que Vlahuță prononçait à l'Athénée, il y a plus de cent ans, continue ainsi:

„... nous ne pouvons pas dire assez combien grand et important est ce rôle, de critique sévère et impitoyable, qui évalue les forces de l'artiste et décide du choix de ses pensées. Comment ne pas se soucier de ce qu'il choisit et cultive sur le sol qui lui a été confié, quand il pense que son œuvre répandra, au-dessus d'autant de têtes, des graines qui germineront et pousseront sans cesse, produisant récolte après récolte, énergie après énergie, dans l'éternelle boucle de la vie.”[xxxvi]

Lipatti, „par ses créations interprétatives et par ses enseignements pédagogiques, n'a fait autre chose que de propager sans cesse le principe du respect absolu pour le texte.”[xxxvii]Dans une lettre, il mentionnait, par exemple, ceci :

„Notre seule vraie religion, notre unique et inébranlable point d'appui, c'est le texte écrit. Il ne faut jamais faire d'erreur à l'égard de ce texte, comme si nous voulions répondre à chaque instant de nos faits sur cette terre, devant des juges impitoyables. [...] le texte écrit, nous devons l'étudier, le comprendre, comparer plusieurs éditions, pour mettre finalement en lumière l'image qui correspond le plus fidèlement possible à l'idée initiale de son créateur.”[xxxviii]

Le 20 mai 1939, il affirmait que...

„Nous vivons à une époque où, pour attirer et satisfaire un public amateur d'art, les concessions sont faites par les gens qui sont sur scène, mais non par ceux qui se trouvent dans la salle. Un des effets de cette attitude est la pauvreté de l'imagination qui produit les programmes de tous les concerts symphoniques du monde. Mieux dire, l'absence du courage basique de soutenir avec force ce qui mérite d'être soutenu, non ce qui fait surement salle comble ! […] Même chose quand il s'agit d'un artiste inconnu : le public ne se dérange que pour quelques "étoiles" favorites, à la renommée fabriquée en Amérique.”[xxxix]

Ou bien...

„Le violoniste Leon Szighera a abandonné l'archet pour la baguette de la direction d'orchestre, qu'il ne tient pourtant pas avec beaucoup d'autorité. Lors de son premier concert en tant que chef d'orchestre, à Paris, j'ai pu constater un manque de discernement total du public parisien qui, tel un troupeau de moutons, se laissaient mener par la publicité plus ou moins scandaleuse de certains agents.”[xl]

En conclusion,nous constatons que Dinu Lipatti, le critique musical, a été caractérisé par les six caractéristiques suivantes :

Méticulosité de l'analyse,
Elégance du style,
Neutralité de l'évaluation,
Talent,
(H)onnêtetéde l'attitude envers le compositeur, l'interprète et le public et
Responsabilité envers l'art.

Ces caractéristiques, qui dessinent sa personnalité, forment l'acronyme MENTOR.

Le critique, qui affirmait, le 20 février 1938, que „tout un chacun ne devient pas un éducateur des masses ”[xli], a insisté sur ce regard qui sort de la routine et le différencie clairement du public mélomane: „ne posez jamais sur une œuvre le regard des morts ou du passé, vous risquez de vous retrouver uniquement avec le crâne de Yorick[xlii]. Casella affirmait, à juste titre, que nous ne devons pas nous contenter de respecter les chefs-d’œuvre, nous devons les aimer.”[xliii]

L’approche de Lipatti trahit un type d’originalité qui implique une telle paternité de l’œuvre d’art. Un vrai pater est celui qui murmure à son œuvre cette phrase augustinienne amo: volo ut sis, „je t’aime: je veux que tu sois.”[xliv] L’activité de chroniqueur musical de Dinu Lipatti reste un témoignage de ses qualités de MENTOR dans le domaine de la critique musicale.

 

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[i] Pavel Pitea affirmait: „il y a des êtres qui meurent avant de naître. Il y a des gens qui vivent sans mourir.” Cf. Marin, Florea, Omul în devenirea sa, Casa Cărții de Știință, Cluj-Napoca, 2007, p. 279.

[ii] Le critique Albert Thibaudet écrivait, dans sa Physiologie de la critique: „La pierrejetée par le critique bien intontionné tuera Pradon [...] mais elle tuera Racine en même temps”. La rivalité entre les dramaturges Pradon et Racine était bien connue, leurs ouvrages ayant été en concurrence tant par leurs titres que par leur contenu. Cette phrase de Thibaudet peut être interprétée comment un avertissement lancé à un Pradon manquant d'inspiration, mais aussi à un Racine engagé dans une adversité stupide [n.n.]. Voir Albert Thibaudet,dans: Florin Mihăilescu, Semnificațiile criticii contemporane: perspective ideologice, Editura Eminescu, București, 1976, p. 129 et Jennifer Tsien, The Bad Taste of Others. Judging Literary Value in Eighteenth-Century France, University of Pennsylvania Press, Philadelphia, Pennsylvania, 2012, pp. 93-94.

[iii] Cette même phrase apparait dans un contexte différent, où elle est utilisée par le même auteur, plus proche de l'art des sons: La musique est une chose grave – „muzica este un lucru grav.” Dragoș Tănăsescu, „Dinu Lipatti – critic muzical și pedagog”, in: Muzica, anul XIV, decembrie, nr. 12 / 1964, p. 25 et Grigore Bărgăuanu, Dragoș Tănăsescu, „Dinu Lipatti”, in: Muzica, anul XXI, ianuarie, nr. 1 / 1971, p. 37.

[iv] Le sociologue R.A. Nisbet définit ces antinomies comme étant „des idées élémentaires de la sociologie: communauté, autorité, statut, sacré, aliénation”. ***, Ilie Bădescu et.al.(coord.), Enciclopedia sociologiei universale. Fondatorii, vol. 1, Editura Mica Valahie, București, 2011, p. 41.

[v] Le mot „grave”, dans Douglas Harper, Online Etymology Dictionary, 2001-2015, à l'adresse: http://www.etymonline.com/index.php?term=grave&allowed_in_frame=0, à la date du 24.11.2015. Le mot gravisimplique la gravidité, fréquemment signalée dans le domaine de la culture par le syntagme „la gestation de l'oeuvre d'art” [n.n.].

[vi] A noter qu'Arta est le nom d'une rivière de Grèce, tandis qu'Artà est une ville espagnole. Cf. Mircea Muthu, Permanențe literare românești din perspectivă comparată, Editura Minerva, Bucarest, 1986, p. 43 et ***, Manfred Reckziegel (ed.), El gran Atlas de bolsillo, Justus Perthes Verlag Gotha, Gotha, 2000,  p. 198.

[vii] Bucarest est la ville natale de Lipatti [n.n.].

[viii] La rivière Dâmbovița est pour Lipatti: l'eau qui traverse la ville de Bucarest [n.n.].

[ix] „Brancusi a toujours voulu enseigné à la pierre de s'envoler: «toute ma vie, j'ai cherché la substance du vol »”. Vasile Gogea, „Esența și zborul”, in: Cristian Zărnescu (ed.), Brâncuși și Transilvania, Editura Grinta, Cluj-Napoca, 2001, p. 58.

[x] „Le chroniqueur musical, l'homme qui publie dans le journal Libertatea des informations sur l'événement musical de Paris pour le lecteur roumain, est trop peu connu”, affirmait Carmen Păsculescu-Florian (Carmen Păsculescu-Florian, Vocație și destin. Dinu Lipatti, Editura Muzicală, București, 1986, p. 7.). Les propos de Virgil Gheorghiu, repris dans le motto, se réfèrent, bien sûr, à l'intérprète Lipatti; pourtant, „l'âme de M. Lipatti”, qui guidait „ses doigts”, a aussi exprimé ses opinions à travers ses écrits, notamment ses articles de critique musicale. Pour le motto, voir Virgil Gheorghiu, „Cronica muzicală”, in: ***, Paul Zarifopol, Camil Petrescu, Radu Cioculescu (red.), Revista fundațiilor regale, Secretariatul General al Fundațiilor Culturale Regale, București, anul VII, februarie, nr. 2 / 1940, p. 453.

[xi] Viorel Cosma, Muzicieni români – Lexicon, Editura Muzicală, București, 1970, p. 278.

[xii] F.E. Sparshott, „Theodor W. Adorno”, in: ***, Stanley Sadie (ed.), The New Grove Dictionary of Music and Musicians, vol. 1: A to Bacilly, Macmillan Publishers Ltd., London / New York / Hong Kong, 1995, p. 112.

[xiii] Radu Olimpia, Pagini de critică, Editura Dacia, Cluj-Napoca, 1988, p. 141.

[xiv] Theodor Bălan, „Cu Florica Musicescu despre Dinu Lipatti la o jumătate de veac de la nașterea muzicianului”, in : Muzica, anul XVII, martie, nr. 3 / 1967, p. 11.

[xv] Theodor Bălan, „Lipatti sau logica frumosului”, in: Muzica, nr. 1 / 1971, op.cit., p. 3.

Le frère de Dinu, Valentin Lipatti, nous offre quelques confidences sur la méticulosité de l'artiste, impliqué dans des activités techniques – „excellent photographe”, radiophoniste, dactylographe, „philatéliste méticuleux”, „très bon chauffeur”, couturier. Cf.Valentin Lipatti, in: Olga Grigorescu, Dinu Lipatti, Editura Didactică și Pedagogică, R.A., 2011, pp. 58-59.

[xvi] Dragoș Tănăsescu, „Dinu Lipatti – critic muzical și pedagog”, in: Muzica, nr. 12 / 1964, op.cit., p. 24.

[xvii] C'est ainsi qu'Arghezi imaginait le travail artistique joint à l'inspiration. Voir: Tudor Arghezi, Selected Poems of Tudor Arghezi, Michael Impey (tr.), Princeton Legacy Library, Princeton, New Jersey, 1976, p. 72.

[xviii]C'est ainsi que V. Gheorghiu décrivait l'apparition de Dinu en décembre 1939. Virgil Gheorghiu, „Cronica muzicală”, in: ***, Paul Zarifopol, Camil Petrescu, Radu Cioculescu (red.), Revista fundațiilor regale, Secretariatul General al Fundațiilor Culturale Regale, Bucarest, anul VI, decembrie, nr. 12 / 1939, p. 683.

[xix] Terențiu, Eunucul, I, 566, in: Edmund Burke, Despre sublim și frumos. Cercetare filosofică a originii ideilor, Editura Meridiane, Bucuresti, 1981, p. 55. 

[xx]C'est ce que pensait Lipatti – c'est sa phrase. Dragoș Tănăsescu, „Dinu Lipatti pedagog”, in: Muzica, nr. 1 / 1991, p. 13.

[xxi] „Tendre lumière/Lumină lină”, ou Phos hilaron est un hymne chrétien, connu déjà au 4e siècle, à l’auteur inconnu et un fond biblique  (In 1:9; Evr 1:3) [1]. Ce syntagme a été reprise par certains de nos poètes, tels : M. Eminescu, dans „Răsai asupra mea”, T. Arghezi dans „Lumină lină” et I. Alexandru dans „Lumină lină”. L. Georgescu a complété, en 1991, l'idée transmise par Jacques Chapuis, élève de Lipatti, qui écrivait en 1950, dans la Revue Musicale: „La musique est en deuil; pour tous ceux qui l'ont connu, Lipatti était lumineux.”, comme suit: „Lipatti a grandi dans la vie avant de disparaître. A l'instar des étoiles, il s'est éteint dans la lumière.” 1. ***, Robert Benedetto (ed.), The New Westminster Dictionary of Church History, vol. 1, Westminster John Knox Press, Louisville / London, 2008, p. 518; 2. Mihai Eminescu, Poezii, Humanitas, Bucuresti, 2015, p. 286; 3. Dumitru Micu, Tudor Arghezi, Meridiane Publishing House, Bucharest, 1965, p. 19; 4. Cristian Sandache, Literatură și ideologie în România lui Nicolae Ceaușescu, Editura Mica Valahie, Bucuresti, 2011, p. 162; 5. Lisette Georgescu, „In memoriam Dinu Lipatti”, in: Muzica, nr. 1 / 1991, pp. 6-7.

[xxii] Dragoș Tănăsescu, „Dinu Lipatti – critic muzical și pedagog”, in: Muzica, nr. 12 / 1964, op.cit., p. 25.

[xxiii] Ernest Ansermet l'appelait „le poète du piano”. Cf. Barbu Brezianu, „Șase ani de la moartea lui Dinu Lipatti”, in Muzica, nr. 12 / 1956, p. 19.

[xxiv] Dinu Lipatti, „Festival Ravel  – Stravinski – Concert Charles Münch”, in: Libertatea,  20 martie, n° 6/1938, apud Carmen Păsculescu-Florian, op.cit., p. 86. 

[xxv] Dragoș Tănăsescu, „Dinu Lipatti – critic muzical și pedagog”, in: Muzica, nr. 12 / 1964, op.cit., p. 25.

[xxvi] Ibidem, p. 24.

[xxvii] Mircea Anghelescu (ed.), Nicolae Filimon. Opere, Editura Minerva, Bucuresti, 1978, p. 278.

[xxviii] Dinu Lipatti, „Viața muzicală la Paris. Concertul Enescu – Menuhin. Furtwängler – Munch”, Libertatea, nr. 8 din 20 mai 1938 apud Carmen Păsculescu-Florian, op.cit., p. 91. 

[xxix] Ion Piso, „Studii de hermeneutică muzicală” (IV), in: Muzica, nr. 1 / 2010, p. 19 à l’adresse: http://www.ucmr.org.ro/Texte/RV-1-2010-4.pdf  à la date 28.11.2015.

[xxx] Carmen Păsculescu-Florian, op.cit., p. 7.

[xxxi] Dragoș Tănăsescu, „Dinu Lipatti – critic muzical și pedagog”, in: Muzica, nr. 12 / 1964, op.cit., p. 26.

[xxxii] Carmen Păsculescu-Florian, op.cit., p. 94.

[xxxiii] Alexandru Vlahuță, „Onestitatea în artă”, in: ***, Gheorghe Buluță (coord.), Cultură și civilizație: conferințe ținute la tribuna Ateneului Român, Editura Eminescu, București, 1989, p. 192.

[xxxiv] Dragoș Tănăsescu, „Dinu Lipatti – critic muzical și pedagog”, in: Muzica, nr. 12 / 1964, op.cit., p. 23.

[xxxv] Ibidem, p. 24.

[xxxvi] Alexandru Vlahuță, „Onestitatea în artă”, in: ***, Gheorghe Buluță (coord.), loc.cit.

[xxxvii] Mircea Voicana (coord.), George Enescu, Editura Academiei, București, 1971, p. 515.

[xxxviii] Cf. Barbu Brezianu, „Șase ani de la moartea lui Dinu Lipatti”, in Muzica, nr. 12 / 1956, p. 19.

[xxxix] Dragoș Tănăsescu, „Dinu Lipatti – critic muzical și pedagog”, in: Muzica, nr. 12 / 1964, op.cit., p. 24.

[xl] Dinu Lipatti, „Viața muzicală la Paris. Landowska – Szighera –Scherchen – Stravinski”, Libertatea, 22 iunie 1938, apud Carmen Păsculescu-Florian,op.cit., p. 98.

[xli] Dinu Lipatti, Viața muzicală la Paris. Recital Walther Gieseking – Alfred Cortot, Libertatea, 15 februarie, nr. 4 / 1938, apud Carmen Păsculescu-Florian, op.cit., p. 84.

[xlii] C’est-à-dire, „être ramenés trop tard à la réalité cruelle.” [n.n.]. Yorick a été un bouffon de l’enfance d’Hamlet, le célèbre héros shakespearien. Dans la scène des fossoyeurs de la pièce du Barde de Stratford-upon-Avon, Hamlet est arraché à sa rêverie et ramené à la réalité lorsque l’un des fossoyeurs lui remet le crâne d’Yorick. Dan A. Lăzărescu, Introducere în shakespeareologie, Editura Univers, București, 1974, p. 529.

[xliii] Lipatti développera cette idée: „… Casella affirme quelque part que les chefs-d’oeuvre ne doivent pas être respectés, mais aimés, car nous respectons seulement ce qui est mort [;] or, un chef-d’oeuvre vit éternellement.” Carmen Păsculescu-Florian, op.cit., pp. 170-171.

[xliv] Stephen Kampowski, Arendt, Augustine, and the New Begining, W.B. Eerdmans Publishing Co., Grand Rapids, Michigan / Cambridge, UK, 2008, p.205.