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Le pianiste Nikita Magaloff se remémorant la première fois quand il a écouté Lipatti

Dans la préface du livre « Dinu Lipatti » paru aux éditions Payot à Lausanne en 1991 :

« C'est en 1943 à Martigny que j'ai eu l'occasion d'écouter Lipatti pour la première fois. Parce que c'était la Guerre et les gens ne disposaient pas de voitures j'ai dû m'y rendre en train. Cela m'a empêché d'écouter tout le récital, parce que j'étais obligé d'attraper le dernier train pour rentrer à la maison. Pourtant, la première moitié du récital a été suffisante pour me convaincre que je me trouvais en présence d'un très grand pianiste. Le premier commentaire que j'en ai fait à mon épouse a été de l'assurer que ce jeune pianiste pouvait défier n'importe quel public, parce qu'il appartenait à la classe internationale des très grandes musiciens. »

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« C'est en 1943 à Martigny que j'ai eu l'occasion d'écouter Lipatti pour la première fois. Parce que c'était la Guerre et les gens ne disposaient pas de voitures j'ai dû m'y rendre en train. Cela m'a empêché d'écouter tout le récital, parce que j'étais obligé d'attraper le dernier train pour rentrer à la maison. Pourtant, la première moitié du récital a été suffisante pour me convaincre que je me trouvais en présence d'un très grand pianiste. Le premier commentaire que j'en ai fait à mon épouse a été de l'assurer que ce jeune pianiste pouvait défier n'importe quel public, parce qu'il appartenait à la classe internationale des très grandes musiciens. 

Sa carrière rapide a prouvé que j'avais eu raison, même si la maladie qui nous l'a ravi prématurément ne nous a pas permis de connaître l'apogée de son évolution.

Heureusement sa discographie, réalisée chez Columbia par les soins et les compétences de Walter Legge, nous a laissé un précieux témoignage.

L'amitié entre Dinu et moi s'est rapidement nouée : c'est avec une émotion qui perdure jusqu'à ce jour que je lis les nombreux messages et lettres qui portent l'empreinte de son tempérament vivace, plein d'humour. Quand il s'est vu obligé de renoncer au poste qu'il détenait au Conservatoire de Genève il m'a demandé de le remplacer et cette preuve de confiance m'a tellement ému, que j'ai tout fait pour ne pas trahir sa confiance.

Le dernier signe émouvant d'amitié qu'il m'a laissé a été quand il m'a invité à jouer son arrangement de la Pastorale en fa pour orgue. Je ressens toujours une grande émotion quand je joue cette merveilleuse œuvre qui me rappelle des instants inoubliables. »