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Sur le concert de l'Athénée du 12 octobre 1941, quand Lipatti a interprété le Concerto en ré mineur de Bach-Busoni

Chronique d'Emanoil Ciomac dans le journal Timpul, Bucarest, le 15 octobre 1941:
« Nous avons écouté un interprète qui a pénétré l'essence de la pensée, qui a su organiser intellectuellement les plans et les développements progressifs et qui a mis au service de la réalisation technique un mécanisme très complexe. M. Lipatti est beaucoup plus proche du style de Bach que de celui exigé par les œuvres de Beethoven ou de la plupart des romantiques. »

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« Nous avons écouté un interprète qui a pénétré l'essence de la pensée, qui a su organiser intellectuellement les plans et les développements progressifs et qui a mis au service de la réalisation technique un mécanisme très complexe. M. Lipati est beaucoup plus proche du style de Bach que de celui exigé par les œuvres de Beethoven ou de la plupart des romantiques.

Et parmi ces derniers, il est plus proche de Chopin que de Liszt. Sans avoir un sentiment de grandeur, sans héroïsme par la proportionnalité des sonorités et de leur qualités, par son intelligence et son adresse et puis par les ressources infinies de son jeu velouté, fin, M. Lipatti nous a donné une image juste de cette musique du XVIIe siècle, qui, en dehors de sa grandeur, est dominée par un charmant lyrisme lumineux. Nous n'avons pas écouté un Bach ascétique, abstrait, sec et géométrique, mais un Bach vivant, qui a maintenu notre attention en suspense. Peut-être que l'orchestre, malgré la direction soignée de George Georgescu, couvrait le soliste de ses dentelles sonores ; il a tant à gagner quand il est écouté tout seul. »