Sur son activité pédagogique au Conservatoire de Genève, dans une lettre à son ancienne professeure, Florica Musicescu, le 22 avril 1946
J'ai la conviction d'être un mauvais professeur, parce que je propose au lieu d'imposer (on ne peut pas changer de nature), et cela donne des fruits uniquement avec les rares élèves qui connaissent leur intérêt et me suivent. Et puis, je manque de vocation.
Souvent je pense avec mélancolie aux matinées perdues en essayant de corriger des êtres qui, pour la plupart, n'ont rien en commun avec la musique. Et la vie est trop courte pour être gâchée de cette façon. Je respecterai l'engagement accepté dans des instants si durs pour moi et j'accompagnerai cette classe jusqu'à l'examen de juin 1946. Ensuite je retrouverai ma liberté, malgré la déception de ceux qui espèrent me voir toujours là-bas. La première année j'ai eu 20 élèves, la deuxième – 15, maintenant 12 et en automne j'espère ne pas en avoir plusieurs. En revanche, le nombre des concerts ne cesse de monter.