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Toujours sur le récital offert par Lipatti à Stockholm le 13 septembre 1943

Le journaliste de Allehanda écrivait le 14 septembre:
« Dans la Sonate de Chopin le pianiste articulait dans son interprétation clarté et sensibilité poétique : je n'ai jamais écouté cette sonate dans une interprétation plus noble et intelligente[…] Chacun de ses enthousiastes auditeurs a compris qu'ils avaient en face d'eux l'un des plus parfaits pianistes de notre époque... »

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« … Ce qui est agréable chez un pianiste qui a de la vivacité et une technique extraordinaire est le fait qu'il ne tombe pas dans le piège d'une virtuosité vide ; au contraire, il la met au service d'une valeur artistique. Il ne laisse pas son tempérament méridional rompre le style ; il existe chez lui une réserve même en ce qui concerne la passion artistique et la sensibilité personnelle qu'il affiche sans brutalité ou romantisme léger. La force et la clarté sont les deux qualités qui ont caractérisé son interprétation.

L'élégance et la noblesse sont deux autres de ses mérites. Le programmait contenait deux œuvres contrastantes : la Toccate en do majeur en trois mouvements de Bach-Busoni et la Sonate en Si mineur de Chopin. L’œuvre du maître d'Eisenach a été interprétée avec une force monumentale, avec des résonances d'orgue. Ici, à mon avis, le forte a été un peu trop massive, de même que l'usage de la pédale dans l'ouverture, ce qui a estompé la clarté du passage. Dans la Sonate de Chopin le pianiste articulait dans son interprétation clarté et sensibilité poétique : je n'ai jamais écouté cette sonate dans une interprétation plus noble et intelligente[…] Chacun de ses enthousiastes auditeurs a compris qu'ils avaient en face d'eux l'un des plus parfaits pianistes de notre époque... »