Une année plus tard, en décembre 1947, La Lanterne annonçait que Dinu Lipatti devait donner un récital Chopin dans le cadre de la série « Grands solistes » au Palais des Beaux-Arts
La chronique du 22 décembre appréciait :
« Lipatti, qui est un virtuose d’un souplesse consommée et d’une élégante autorité, est aussi un musicien intelligent et réfléchi. Ses interprétations de Chopin, où il veut, comme il le dit lui-même, « ôter la couche du sacre », sont lumineusement explicatives de cet état de l’esprit. »
Un programme entièrement consacré à Chopin peut être fatal au pianiste qui ne ferait que répéter honorablement ce que tous les pianistes jouent depuis cent ans. Au contraire, cette épreuve même peut faire ressortir les qualités d’un artiste, s’il trouve dans les textes aussi souvent entendus matière intéressante et nouvelle. Lipatti, qui est un virtuose d’un souplesse consommée et d’une élégante autorité, est aussi un musicien intelligent et réfléchi. Ses interprétations de Chopin, où il veut, comme il le dit lui-même, « ôter la couche du sacre », sont lumineusement explicatives de cet état de l’esprit. On trouve dans les polonaises, valses, études, mazurkas, balades, toute la force, fierté, humeur, fantasque, tendresse qui caractérisent Chopin, et ses exécutions pleines de poésie et de raffinement mais sans excès de pathos ou pâmoison sont songer au plus authentique Chopin..