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...sur Lipatti

Biographie


Le chef-d'orchestre Igor Markevitch
Sur Dinu Lipatti et Clara Haskil, dans le cadre d'une conférence à la mémoire de cette dernière au théâtre de Vevey, le 19 avril 1961 :
« Ces deux sages étaient deux enfants. Rien n'aurait été plus artificiel que de les comparer, car ils avaient tous les deux ce que j'appellerais un caractère à la Mozart. Tout comme une blague fait rire aux larmes des enfants, le ciel leur a donné, pour les protéger, la force de vaincre leurs souffrances. Ils s'amusaient sans cesse sur le désordre que nous créons sur terre. C'est, sans aucun doute, la raison pour laquelle ils jouaient si bien Mozart. Comme lui, ils possédaient la capacité de passer de la douleur à la joie, comme si c'étaient des sœurs. Ils savaient, tout comme Mozart, que les plus grandes joies sont les souffrance dont ils ont pénétré le sens. »

Le chef-d'orchestre Sacha Popov
Sur les qualités d'improvisateur de Lipatti :
« Enfant et puis adolescent, j'ai écouté Busoni improviser, mais crois-moi, il n'était pas près du niveau de ce génial représentant de l'art roumain. »

Le chef-d'orchestre Igor Markevitch
Sur le moment où Lipatti a baptisé sa fille, Allegra, au mois de juin 1950, mémoire incluse dans le volume In memoriam Dinu Lipatti :
« Il a pris son rôle très au sérieux, avec toute l'attention d'enfant sage qu'il accordait à chaque chose. […] Le jour du baptême il s'est préparé comme pour un examen, se renseignant sut la Liturgie de cette cérémonie et en s'inquiétant, mi sérieux, mi riant de ses nouvelles responsabilités. Il ne laissait rien au hasard. Tout était important pour lui et il avait ce don typique pour les enfants et les poètes qui voient les choses telles qu'elles devraient être et il savait communiquer aux autres ce nouvel aspect. Avec lui, tout devenait plus propre, et comme il s'adressait à la meilleure partie des gens, ils étaient heureux de pouvoir partager avec lui tout ce qu'ils avaient de meilleur. »

Hédy Salquin, ancienne élève de Dinu Lipatti
Se remémorait dans le même volume In memoriam Dinu Lipatti
« À seulement 30 ans il avait déjà la philosophie d'un sage et la sérénité d'un saint. Une leçon reçue soit dans l'historique salle no. 9 du Conservatoire de Genève, soit sans l’appartement de l'ancienne ville étaient comme des pèlerinages, d'où les disciples sortaient animés, portant avec eux, en plus d'une multitude de conseils techniques démontrés parfaitement par le jeune maître, un trésor de pensées rares, valables pour l'art comme pour la vie. Par ailleurs, Dinu Lipatti ne séparait jamais ces deux facteurs : sa vie était consacrée entièrement à l'art. »

Le chef-d'orchestre Ernest Ansermet
Sur le concert du 22 février 1950 donné par Lipatti à Genève avec l'Orchestre de la Suisse Romande :
« Il s'est littéralement arraché à son lit de maladie pour nous offrir une interprétation du Concerto de Schumann, qui restera inoubliable, parce qu'elle ne semblait pas émaner d'un être en chair et en os. Ce jour-là, l'orchestre et le public, unis par une émotion déchirante autour de ce poète du piano, ont senti dans son message les accents d'un éternel adieu. »