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...sur Lipatti

Biographie


Yvonne Lefébure, sa professeure de piano du Conservatoire de Musique de Paris
Dans une lettre à Dragos Tanasescu du 17 novembre 1957 :
« Lipatti a une technique exceptionnelle à son âge de 17 ans, un esprit organisé et un sens musical rare. Il est le plus diligent, le plus attentif et le plus modeste des élèves. »

Le compositeur et professeur Paul Dukas
Avec lequel Lipatti a étudié la composition au Conservatoire de Musique de Paris, cité par Anna Lipatti dans le livre La douleur de ma vie :
« Brillant, doué, il n'a besoin que de produire pour accumuler par ses expériences personnelles, la maîtrise complète de son talent. »

« Le jeune roumain Dinu Lipatti est mon meilleur élève et en même temps, un remarquable virtuose du piano. Je crois qu'il sera un deuxième Enescu. »

La compositrice Nadia Boulanger
Sur ses leçons avec Lipatti dans le volume Hommage à Dinu Lipatti :
« Quand Dinu est arrivé à Paris il était déjà un pianiste accompli grâce à cette admirable Mademoiselle Florica Musicescu, pour laquelle il nourrissait un culte. Il était en même temps un compositeur armé de solides notions par Mihail Jora. Sa connaissance était telle, que loin de se contenter de ce qu'il avait déjà appris, il n'était préoccupé que de ce qu'il pensait ne pas encore savoir. On connaissait son âme en le regardant.

Son visage pâle et serein, son regard velouté, tellement vivant, doux et sérieux, ses mains blanches, tout cela montrait la délicatesse et la force de son âme. Son être dégageait une extraordinaire pureté, car il avait gardé intactes l'enjouement et le sérieux de l'enfance. Le respect qu'il avait pour les humains et les choses, il l'avait aussi pour son travail. Il entendait et écoutait comme seules les êtres concentrés peuvent le faire. Je ne crois pas qu'il ait écrit une note mécaniquement. Il était si difficile avec soi-même et tellement patient.

Plutôt que de laisser un passage imparfait ou un exercice d'écriture non-satisfaisant, il préférait le reprendre cent fois, sans s'imaginer le moins du monde que cet effort pourrait le fatiguer. Il connaissait le risque qu'il y avait quand on s'approchait des chefs-d’œuvre et il craignait toujours ne pas être suffisamment préparé pour pouvoir les servir, ne pas les avoir suffisamment écoutées pour entendre toute leur signification et les transmettre comme elles le méritaient. Et quelle passion il avait pour son piano !

Quand je lui conseillais de réserver plus de temps pour composer, il riait. Je le sais bien, mais je ne peux pas m'arracher au piano. Si vous saviez à quel point je l'aime. Son ouïe était sensible aux plus délicates nuances des sonorités, aux plus subtiles inflexions du rythme. Pour les obtenir, avec quelle précision il travaillait le doigté, les attaques rythmiques ! Seulement son épouse, Madeleine Lipatti pourrait et devrait nous dire. La partie artisanale de son métier, comme il aimait dire, le préoccupait sans cesse. Dans ses compositions, dont l'importance n'a pas été encore exactement évaluée, on retrouve les mêmes signes profonds de sa personnalité et la même perfection dans leur réalisation. Elles témoignent d'un vrai don créateur et sont dignes de figurer aux côtés des disques qui prolongent la brillance de l'interprète.

Le pianiste Alfred Cortot
Dans une lettre à son célèbre agent, Charles Kiesgen, à l'occasion du récital de Lipatti à Montreux :
« Cher ami, permets-moi de recommander à ton infatigable attention un jeune pianiste exceptionnel, un deuxième Horowitz, dont j'ai pu constater le remarquable talent au Concours International de Pianistes de Vienne, où il a reçu le 2e prix, quoiqu'il méritât le 1er. C'est de mon devoir de te signaler un des grands As de demain et je peux t'assurer que c'est dans votre intérêt, parce qu'il s'agit d'une vraie révélation à l'horizon des pianistes. Son nom est Dinu Lipatti. »

La pianiste Clara Haskil
Sur Dinu Lipatti, dans ses mémoires :
« Dans un des vendredis musicaux, un jeune si timide lui aussi, m'accueille avec ces paroles : Je vous ai connue à Bucarest. C'était Dinu Lipatti. Quelle naturel sincère, quelle bonté et générosité je devais découvrir chez cet homme supérieur. À partir de ce moment providentiel, nous nous sommes rencontrés presque chaque jour. En ce qui concerne l'artiste, les mots ne peuvent pas traduire l'immense émotion, le profond respect éprouvés devant ce musicien. Il te donnait l'impression qu'il se sentait coupable d'avoir du génie. »