Chroniques sur Lipatti
Lipatti a joué a Bruxelles huit fois entre janvier 1946 et décembre 1947. Son agenda a compris deux concerts avec l'Orchestre National de la Belgique dirigé par Ernest Ansermet. Mais aussi trois événements dédiés au jeune public dans la série Jeunesses Musicales et un événement pour le grand public, cette fois-ci avec Paul Sacher au pupitre du même orchestre. Il s'est également produit dans deux récitals.
Les apparitions de Lipatti étaient annoncées en termes élogieux :
Série de concerts à Bruxelles, entre janvier 1946 et décembre 1947
Le journal La Libre Belgique notait au 8 janvier 1946:
« Le pianiste Dinu Lipatti, professeur de virtuosité à Genève a démontré par l'exécution de cette œuvre de Chopin les parfaites qualités techniques de son jeu : précision rigoureuse, clarté et légèreté du toucher, pureté des nuances, volubilité aisée des doigts, maîtrise du clavier. On sait qu'il n'y a pas à demander davantage aux pianistes de la jeune génération, la correction technique paraissant être l'unique but de leur travail. On le regrette bien un peu surtout dans les œuvres de Chopin qui suscitent, presque malgré soi la personnalité de l'interprétation, la générosité du phrasé, la communicativité des émotions.
Le commentaire du même concert paru le 10 janvier
La Chronique est parue dans La dernière heure :
« Le soliste du concert était M. Dinu Lipatti, pianiste roumain dont le talent que nous essayerons d'analyser à propos de son prochain récital, est extraordinaire. Avec une technique impeccable et une sensibilité très fine, il a joué le Concerto en mi de Chopin et l'on se demande si ce sont les sortilèges de son talent qui en ont fait une œuvre attachante ou si c'est la médiocrité de ses confrères qui nous l'avaient laissé ignorer. »
Après l'apparition de Lipatti en tant que soliste à Bruxelles, les critiques ont remarqué et apprécié le récital qui s'est ensuivi.
Dans l'édition du 11 février 1946 du journal La Lanterne on pouvait lire :
« Il s'est approprié semble-t-il tous les domaines : classique, romantique et moderne, qui lui sont également familiers. Dans chaque cadre qu'il exécute on le sent intimement pénétré de son sujet et son expression ne tombe jamais à faux. »
Dinu Lipatti est revenu à Bruxelles vers la fin de 1946
La Cité Nouvelle observait le 6 novembre :
« C'est un plaisir sans mélange et de la qualité la plus pure qu'il nous fût donné de goûter à l'une des audition destinées aux Jeunesses Musicales (mais dont celle de dimanche fût accessible au public) du premier concert symphonique. Il a été dédié à Mozart et vraiment, l'âme délicate et tendre du génial compositeur semblait présente pour inspirer les interprètes. »